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- La période antique et haut Moyen-Age -
L'histoire de la naissance de Termez est obscure. Certains historiens supposent que Termez préexistait à l'arrivée des Grecs alors que d'autres en font une création du roi gréco-bactrien Démétrios au début du IIe s. av. n.è. Malheureusement, le nom de Termez n'apparaît que de manière douteuse dans les sources classiques tardives mais peut être se cache-t-il sous l'appellation "Alexandrie Oxiana" citée par Ptolémée.
En fait, la plus ancienne mention du nom de Termez provient d'un manuscrt thibétain qui cite la ville de Dharmamitra, dérivant de la forme indienne du nom du roi gréco-bactrien Démétrios, et précise qu'il s'agit de "Tarmita qui est Termedh (l'actuelle Termez) sur la rive du Vakhsh". Deux des plus anciens historiens arabes, Tabari et Khafiz i Abru font de Termez une création d' Alexandre qui, selon des témoignages locaux, aurait trouvé ici une ville avec son propre dynaste.
L'obscurité se dissipe avec le début du Moyen Age, lorsque Termez est avec Tchaganian l'une des capitales du Tokharestan au nord de l'Oxus. Selon le pélerin chinois Hiuang tsang, en 630, Termez était aux mains des Turcs. D'après Al Biruni, aux VI-VIIe siècles de n. è. les maître de Termez s'appelaient "Termez Shah", ce qui indique que cette ville avait alors acquis une incontestable puissance. Ceci est confirmé par le fait que, dès la
L'obscurité se dissipe avec le début du Moyen Age, lorsque Termez est avec Tchaganian l'une des capitales du Tokharestan au nord de l'Oxus. Selon le pélerin chinois Hiuang tsang, en 630, Termez était aux mains des Turcs. D'après Al Biruni, aux VI-VIIe siècles de n. è. les maître de Termez s'appelaient "Termez Shah", ce qui indique que cette ville avait alors acquis une incontestable puissance. Ceci est confirmé par le fait que, dès la fin du Ve s., Termez frappait ses propres monnaies d'argent portant une ancre, signe de l'importance de son activité commerciale fluviale. La ville était alors le point de passage majeur des échanges nord-sud et l'une des étapes principales de la route de la soie.
- La période islamique -
Termez fut conquise pour la première fois par les Arabes en 676 mais ne fut réellement rattachée au califat qu'en 704 califat par Usman ibn Massud. En 908, Termez fait partie du domaine des Samanides dont la fin du
Termez islamique est souvent mentionnée par les auteurs arabes, en particulier Tabari (IXe s.), Istakhri (Xe s.) et As Samani (XIIe s.), qui tous parlent de l'important développement de la ville (shahristan) avec son enceinte, des faubourgs (rabat) étendus et également fortifiés, de sa puissante citadelle et du lien très étroit qui unit la ville et son port fluvial.
Selon Istakhri, "..la citadelle (de Termez) et le rabat étaient entourés d'une muraille, la résidence du gouverneur se trouvait dans la citadelle, la mosquée cathédrale et la prison au milieu du bazar...Sur la rive du fleuve se trouvait le port.". As Samani précise que le développement important de la ville, située à la
convergence de l'Oxus et d'un grand canal, est dû à la fonction portuaire très active de la cité et à son rôle de point de passage pour la traversée de l'Amou Daria, traversée facilitée par la présence de l'île Aral Paï Gambar. On sait aussi que la ville atteignait alors une surface de 500 hectares et que les rues et les places de la cité etaient pavées de carreaux de terre cuite.Termez était alors un grand centre de production de céramique fine, de métallurgie et même de savon. Au début du XIIIe s., la puissance de Termez est telle qu'elle égale celle de Bactres. C'est alors qu'au printemps 1220, elle ose s'opposer à Gengis Khan qui lui ordonne de se rendre. Djuveini nous décrit l'événement : "..les habitants, encouragés par la puissance de la citadelle, dont la moitié de l'enceinte s'élevait au milieu de l'Oxus, et rendus fiers par la multitude de leurs troupes, leur matériel et leur équipement, refusèrent de se soumettre et sortirent pour combattre. Des catapultes furent placées sur chaque côté et fonctionnèrent jour et nuit juqu'au onzième jour où les Mongols prirent la place d'assaut. Tous les habitants, hommes et femmes, furent amenés dans la plaine et répartis selon leur usage entre les soldats; puis tous, sans exception, furent massacrés.
Après qu'ils eurent fini leur massacre, une femme fit signe aux Mongols et leur dit: "Epargnez ma vie et je vous donnerai une grosse perle que j'ai". Mais quand ils réclamèrent la perle, elle leur dit "je l'ai avalée". Ils lui ouvrirent donc le ventre et trouvèrent plusieurs perles. Entendant cela, Gengis Khan ordonna d'ouvrir le ventre à tous les cadavres."
- La période timouride -
La citadelle de l'ancienne Termez a été restaurée au XIVe s. et a joué un rôle stratégique important durant la période de la lutte de Timour pour établir un état centralisé (1366-1370). Dans ses "Institutes", ce dernier indique que l'une de ses plus importantes victoires est liée à la citadelle de l'ancienne Termez.
L'ambassadeur portugais Clavijo précise que, pour traverser le fleuve Djeikhun (Oxus), Timour avait fait construire un pont de bois d'une seule arche pour atteindre le point où les hommes et les chevaux pourraient traverser le fleuve à la nage et qu'il aurait fait détruire le pont après son passage. Il aurait fait de même au retour de son expédition. Des liens très étroits ont été établis entre Timour et les Saïds de Termez chez lesquels il a souvent séjourné.
Quant à la ville elle-même, Ibn Battuta et d'autres auteurs arabes nous indiquent qu'elle a été reconstruite au nord, à l'est et au sud-est de l'ancienne cité. A cette époque, le mausolée de Hakim al Termezi, qualifié de lieu saint par Sharofidin Ali Yazdi, apparaît comme un complexe architectural. Selon Clavijo, la Termez timouride couvrait une surface étendue sur la rive droite du Surkhan Daria. Elle était bien organisée, abondait de marchandises diverses et était accueillante. Mais elle n'a plus jamais recouvré sa splendeur passée.
PL & SP
Illustrations : Tchingiz Tepe 2, relief sculpté représenant Bouddha. Tchingiz Tepe : pièce en cuivre reprenant l’iconographie de Termez (Ancre de bateau), V-VIIe de n. ère. Ville de Termez, minaret de l’ancienne mosquée, X-XIIIe de n. ère.. Mosolée du Akim al Termezi.
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