L'époque nomade (milieu du IIe-fin du Ier s. avant n. è.)

Au milieu du IIe siècle, les grecs, affaiblis par leurs luttes internes, abandonnent la Bactriane pour se replier en Inde où ils règnent durant un siècle. Leur départ laisse alors la place à une arrivée massive de peuples nomades venus du nord qui s'installent d'abord dans des camps, accumulent des trésors comme celui de Tilia Tepe puis peu à peu se sédentarisent. On assiste alors à une multiplication de petits établissement fortifiés, au point que Strabon et Justin parlent de la "Bactriane aux mille villes". En fait cette situation traduit l'insécurité qui règne alors et qui provoque l'abandon de certaines régions d'irrigation;
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En 128-126, le voyageur chinois Tchang Kien décrit ainsi la Bactriane au sud de l'Oxus: "Les habitants ont des demeures fixes et vivent dans des villes fortifiées et des maisons de forme régulière, comme au Ferghana. Ils n'ont pas de grand chef ni de roi, mais partout les villes ont leur propre dynaste local. Bien que les gens soient des commerçants avisés, leurs soldats sont faibles et ont peur de combattre si bien que quand les Yue Tche ont émigré vers l'ouest, ils ont combattu les Bactriens qui devinrent leurs sujets.

La population de la Bactriane peut s'élever à plus d'un million de personnes. Leur capitale s'appelle Lan-hsi et a des marchés où se vendent toutes sortes de marchandises. En Bactriane, j'ai vu une baguette de bambou du Sse Tchuan et des habits du Sse Tchuan. Quand j'ai demandé aux habitants comment ils se les sont procurés, ils ont répondu: "Les habitants de notre pays les achètent en Inde."

PL

Illustration : Payon Kourgan, terre cuite représentant une déesse locale à visage mongoloïde et coiffure grecque. Ie-IIe de n. ère.