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Le nettoyage de la rive sud du fleuve a fait apparaître, sur la citadelle, une maçonnerie ponctuée de petits bastions à intervalles relativement réguliers (tous les 21 m environ), qui court de façon presque continue le long de l'Amou Darya et se poursuit à l'est vers la ville basse. L'ensemble est réalisé en briques cuites maçonnées au mortier de chaux ; les briques des parements sont entières, celles qui étaient enfouies au cœur des maçonneries sont fragmentaires.
La courtine s'appuie sur la berge et est fondée directement sur le rocher. Elle se présente sous la forme d'un mur continu, épais de 2 m et conservé sur environ 2 à 3 m de hauteur ; les bastions lui sont accolés. Ceux-
Le niveau du fleuve ayant baissé (environ 1,50 m sous celui de la période de fonctionnement des remparts) , le fleuve altère la roche gréseuse : la courtine et les bastions sont aujourd'hui sapés par les eaux, certains bastions se sont même effondrés.
Le problème de l'identification et de la datation de ces vestiges a été résolu en 1996, lors de la prolongation vers le sud de la grande tranchée qui avait été ouverte en 1994 (chantier B). et qui a été poussée jusqu'au bord du fleuve afin de pouvoir dégager et nettoyer ces maçonneries. L'observation soigneuse de celles-ci a fait apparaître de manière claire que, sur l'appareil de briques maçonnées au mortier de chaux, subsistent les vestiges d'un appareil de briques cuites maçonnées à la terre. Celui-ci a sans doute été détruit par le poids des matériaux accumulés à ce point le plus bas de la pente et par les écoulements des eaux de pluie.
Ces vestiges à eux seuls témoignent du fait qu'une élévation existait : l'hypothèse de l'identification de ces maçonneries à des quais semble donc exclue.
Enfin, si même on supposait que cette élévation était très restreinte en hauteur, il est difficilement envisageable que le mortier de terre utilisé dans ces parties hautes ait pu résister aux frottements et dégradations inhérents aux chargements et déchargements de marchandises et à une fréquentation importante, habituels dans le cas de quais.
La solution apparaît donc de manière claire : nous sommes ici en présence de la fondation de la muraille qui protégeait la ville haute du côté du fleuve. Les maçonneries observées dans le chantier C, également maçonnées avec de la terre sur une fondation liée au mortier de chaux, appartiennent vraisemblablement à ce système fortifié, à un endroit où la courtine devait s'orienter vers le nord-est afin de s'adapter à la topographie de la falaise.
Le matériel associé à cette construction, essentiellement de la céramique, est postérieur au milieu du XIe s. Cela signifie que cette muraille est celle qui aurait été élevée à l'époque seldjoukide ou karakhanide, celle-là même qui existait encore au moment de la pleine puissance de la ville et que Gengis Khan emporta au cours du siège qui fut fatal à la cité.
Cette découverte confirme les témoignages anciens sur l'importance de la ville au Moyen Age mais laisse
Un problème, cependant, reste entier : celui de l'aménagement de la berge du fleuve aux époques antérieures à l'arrivée de l'Islam. Il est clair que la puissante maçonnerie de brique crue d'époque kouchane, apparue au sommet de la pente en 1994 (chantier B) immédiatement sous la surface, représente probablement les vestiges d'une construction de grande ampleur. La question est de savoir quelle est la relation entre l'enceinte kouchane et celle de l'époque grecque avec les fortifications d'époque islamique. Ce problème ne pourra être résolu que par des travaux de terrain à venir.
PL
Illustrations : Vue de la citadelle depuis le fleuve. Les bastions du rempart depuis le sud. L’état de conservation des fortifications.
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